“P’tite Pute” de Damien Saez : ou comment alimenter le débat de l’authenticité dans l’Influence Marketing

Son dernier titre, caricature sexiste du phénomène de l’influence marketing, fait polémique mais illustre la défiance actuelle des consommateurs. Il est temps d’agir.

Damien Saez sort cette semaine son nouveau titre intitulé “P’tite pute”. Une insulte en règle des influenceuses qui fait déjà polémique et lui assure un retour médiatisé… Mais aussi une prise de position qui a le mérite d’illustrer la défiance actuelle des consommateurs vis-à-vis du phénomène de l’influence marketing et l’intérêt d’une approche plus authentique des partenariats entre Key Opinion Leaders et marques.

Alors oui, la première écoute pique un peu. Si l’on est très premier degré, on y voit tout de suite une attaque en règle contre les influenceuses. Bien sûr on peut critiquer la forme, plutôt vulgaire, sexiste, stigmatisante et caricaturale… les attaques de Damien Saez paraissent un peu gratuites.

En réalité, la première question qui me vient en tête en écoutant cette chanson c’est : est-ce que Damien Saez ne parlerait pas de lui avant tout ? Il parle à la première personne, il dit “je”… En tant que chanteur et personne connue, il est un des maillons du système qu’il peint au vitriole, c’est un vrai influenceur, un Key Opinion Leader comme de nombreux autres, avec 400.000 followers sur Facebook, 9.000 sur Instagram, 40.000 sur Twitter… On est en droit de se demander s’il n’y aurait pas un peu de lui dans cette chanson, une forme d’auto-critique. Et si, un peu à la manière du chanteur Renaud qui critiquait les « Bobos », il ne parlait pas aussi de lui dans “P’tite Pute” ?

Quoi qu’il en soit, on peut aussi clairement y voir une critique du phénomène de l’influence marketing et notamment des influenceuses. D’ailleurs, pourquoi parler uniquement des influenceuses et pas des influenceurs ? Est-ce du sexisme ou est-ce tout simplement parce que la grande majorité des influenceurs dans le monde sont aujourd’hui des femmes ? Pour moi, influenceurs ou influenceuses, le débat n’est pas là.

Le timing de cette sortie de chanson est très intéressant car il se place dans un contexte particulier, le lendemain de l’annonce par Facebook de mesure drastique de lutte contre les faux comptes et bots.

Oui il y a eu des excès dans cette jeune industrie en pleine construction, et cette chanson est symptomatique d’une crise de confiance actuellement vis-à-vis des influenceurs et des marques.

Dans son texte, Damien Saez tire à tout va, et il a l’air de critiquer deux choses : 1- le phénomène de la célébrité en général, et 2- les partenariats entre influenceuse et marques qui ont perdu du sens et qui chercheraient à tromper les consommateurs.

On peut déjà remettre en cause le réalisme du texte : autant critiquer le principe de la célébrité qui est vieux comme le monde… Les influenceurs sont les nouvelles célébrités et les réseaux sociaux sont un media immédiat de proximité qui permet de suivre l’actualité de ces célébrités n’importe où dans le monde, comme on le faisait avant en lisant Gala ou Voici. Autant critiquer également tous les medias qui font de la publicité et du publi-rédactionnel…

D’autant qu’aujourd’hui les influenceurs déclarent leurs posts sponsorisés avec des hashtags (#ad, #partenariat, #sponsorisé, …), ils ne cherchent donc a priori pas à tromper leurs followers.

Certes les influenceurs et les Key Opinion Leaders sont un phénomène récent et marquant, avec ses codes, ses travers aussi… on aime ou on n’aime pas le style de certains posts/photos/vidéos… mais il y a aussi de belles actions comme lorsque les steamers français, les mêmes qui s’associent à des marques dans leurs contenus en échange de produits ou d’argent, s’engagent et collectent 1M€ pour Medecin Sans Frontières. Comment lorsque les 60 Youtubers s’engagent dans #onestprêt pendant 1 mois depuis le 15 novembre en cherchant à mobiliser 3,5 % de la population française contre le réchauffement climatique.

Là où Damien Saez se trompe, c’est que pour la grande majorité des influenceurs, ils ne sont pas arrivés là par hasard, c’est un parcours très compliqué, un vrai métier. Avez-vous essayé de devenir un influenceur et de gagner votre vie via les réseaux sociaux ? Bon courage, c’est un parcours semé d’embûches !

Chez Kolsquare, pionnier de l’influence marketing en France, nous avons rencontré plusieurs milliers d’influenceurs depuis 7 ans. Comme pour les célébrités, ce sont des personnes hors du commun, exceptionnelles… et beaucoup nous ont surpris par leur extrême maturité malgré leur jeune âge, bien souvent par leur intelligence exceptionnelle…

On est bien loin du cliché dépeint dans sa chanson ( « J’ai pas l’intelligence… »)

Plus qu’une insulte en règle des influenceuses, “P’tite pute” est une prise de position qui a le mérite d’illustrer la défiance actuelle des consommateurs vis-à-vis du phénomène de l’influence marketing. En espérant que cela fasse avancer le débat pour instaurer une approche plus authentique et plus inspirante des partenariats entre Key Opinion Leaders et marques.

C’est en tout cas ce pour quoi nous nous levons tous les matins chez Kolsquare !

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